Ma nouvelle vie, Arwen

Quel effet cela peut-il faire de quitter sa famille, ses amis, perdre son identité et voir disparaître toute une partie de sa vie ? Je m’appelle Arwen, et je ne fais pas partie d’un quelconque programme de protection des témoins dans une série américaine. Je suis une chatte qui a été abandonnée à la fourrière et dont on a fait disparaître toute trace de son identité, avant d’être recueillie par l’association Sauve. De mon passé, ma nouvelle famille saura seulement que je m’appelais Garfield et que je suis peut-être née en 2011.

Ma nouvelle vie commence le 27 septembre 2018, le jour où j’ai décidé d’adopter mon humaine de compagnie, rencontrée à l’association Sauve. Après un long trajet en RER, j’ai posé mes pattes dans mon nouvel appartement où vivent 4 humains. Ils viennent tout juste de s’installer et mon environnement change un peu toutes les semaines, mais j’ai des repères qu’on a mis pour moi, comme un chouette tipi. Le papa bricole beaucoup et surveille attentivement que je ne m’approche pas des outils. La maman tricote, j’aime bien me blottir contre elle sur le canapé en observant le fil de la pelote qui m’intrigue. Je regarde les autres chats qui jouent sur les balcons de l’immeuble, bien au chaud depuis ma fenêtre. Les enfants veulent tous les deux que je dorme la nuit dans leur lit. Ils aiment les câlins au moins autant que moi ! Une vie de princesse, vous dis-je ! Ce n’est pas pour rien que ma famille m’a appelée Arwen, princesse des elfes.

Est-ce que je pense parfois à ma vie d’avant ? Qui sait ?

Ma nouvelle famille a eu beaucoup de chagrin, elle aussi, lorsque leur chatte d’avant a été emportée par une maladie. Nous avons comme point commun un passé dont on ne se parlera jamais. Mais le plus important, c’est que grâce à Sauve, nous avons maintenant un avenir ensemble.

instantanés (#1)

Une image de mon enfance : un reportage sur des feux de forêts à la télévision qui m’a choquée. J’ai pris mon petit fauteuil d’enfant que j’ai traîné dans la cuisine et je suis restée sans bouger, longtemps.

Après avoir vu les Gremlins, pendant des mois, je n’ai pas pu marcher pieds nus dans ma chambre. Je sautais du fauteuil vers le lit.

J’ai encore en tête un épisode de Mac Gyver où il se bat contre une invasion de fourmis. Peut-être que ma phobie des insectes vient de là.

Ce n’est pas de là que vient mon surnom, mais de 103683e, l’héroïne de Bernard Werber, et parce que pendant mes études, j’étais rousse.

J’ai rencontré Bernard Werber au salon du livre à Paris fin 1998. Il y avait déjà le décompte jusqu’à l’an 2000 sur la Tour Eiffel.

un mois avec Maya

Maya est née le 15 avril 2016. C’est une date approximative, car nous ne savons pas grand chose d’elle. Un passage à la fourrière, très tôt dans sa vie de chaton, puis un suivi médical dans son carnet de santé. Et puis elle est arrivée chez nous, le 31 août.

Elle est jolie, Maya, dans sa robe tigrée. Je pourrais passer des heures à en étudier les motifs noirs et gris, comme un enfant qui cherche des formes dans les nuages.

Elle aime mes aiguilles à tricoter montées sur un câble. Elle les chasse dans l’appartement et sur le canapé, avant de les emporter dans son abri sous le canapé.

Maya ne sait pas miauler, elle fait des petits bruits comme si elle était enrouée.

Les bénévoles de l’association et sa famille d’accueil précédente la décrivent comme un pot de colle, très câline. Je sais que c’est vrai, parce que j’ai vu une vidéo où elle vient demander des caresses à ma maman qui l’a gardée un jour où j’étais absente.

Mais Maya ne veut pas de nous. Elle nous fuit, se cache et feule si on essaye de l’approcher. Ni les friandises ou le thon, ni les comprimés ou le diffuseur feliway, ni les paroles ou la patience, n’ont pu l’amadouer.

Ce n’était pas un secret pour moi que c’est toujours un chat qui vous adopte et non l’inverse, mais je ne m’attendais pas à l’expérimenter de manière aussi claire et abrupte.

Après un mois, le verdict est sans appel, nous devons ramener Maya, pour qu’elle puisse avoir une nouvelle chance de trouver la famille de son coeur. Au revoir, jolie Maya 🙁

un cosmo, du tricot, et un adieu

Je tricotais un petit pull d’été en lin lorsque le vétérinaire a téléphoné, à 15h42, le vendredi 22 juin 2018.
2 jours avant, je m’étais aperçue que la litière du chat était restée propre depuis le nettoyage précédent, la veille au soir. Elle avait vomi plusieurs fois, mais ce n’était pas inhabituel. Le jeudi soir, nous avons vu qu’elle avait du mal à se déplacer. Elle respirait trop vite. Elle n’avait pas touché aux croquettes. Elle n’a pas voulu de pâtée. J’ai appelé le vétérinaire pour un rendez-vous le lendemain soir. Je l’ai veillée presque toute la nuit, sur une couette à côté de mon lit. Au petit matin, j’ai essayé d’appeler des urgences vétérinaires qui ne répondaient pas. Je suis allée chez un vétérinaire plus proche, en urgence, à 8h30, en larmes.

Le vétérinaire a été plutôt rassurant. Son état général ne semblait pas dramatique, elle n’avait pas l’air déshydratée. Il devait la garder en observation et pour des analyses.

Je tricotais, quand il a téléphoné. Les analyses n’étaient pas très bonnes du côté des reins. Il allait la garder jusqu’au lendemain et la mettre sous perfusion. J’ai dû partir pour le week-end sans elle. J’ai passé la soirée à faire des recherches. Google m’a informée que les symptômes pouvaient correspondre à une insuffisance rénale aigue, qu’il y avait de grandes chances, prise à temps, de nettoyer et faire repartir les reins, et qu’elle aurait des médicaments à vie. Google, c’est cet ami un peu hautain, vraiment relou, qui te fait savoir tout ce que tu aurais dû voir avant. Que quand elle buvait trop, ce n’était pas juste à cause de la chaleur. Que quand elle faisait pipi dans la cage, à chaque retour de week-end, ce n’était pas forcément pour protester car elle devait quitter la maison et le jardin. Que c’était des symptômes.

Je me préparais un cosmo, lorsque le vétérinaire a téléphoné, à 12h27, le samedi 23 juin. Il m’a dit que je devais venir, qu’elle ne pourrait pas être sauvée. Que ses analyses étaient tellement mauvaises que la machine ne pouvait même pas donner de valeur exacte. Il fallait venir, parce que ce serait la fin.
J’ai jeté le verre, et j’ai pleuré.

Je l’ai vue, chez le vétérinaire, dans sa cage dont elle n’avait pas bougé. Je lui ai demandé, je l’ai suppliée de venir me voir, de faire un effort, de vivre pour moi. Je l’ai prise dans mes bras. Le vétérinaire nous a tout expliqué. Les analyses tellement mauvaises, l’absurdité d’un acharnement thérapeutique. Sur la table, elle a mis ses dernières forces à se réfugier dans sa cage, comme après chaque vaccin quand elle me faisait bien comprendre qu’elle voulait rentrer à la maison. Nous avons signé les papiers. J’ai demandé comme ça allait se dérouler. Il y aurait une première piqûre d’anesthésie, elle devait mettre quelques minutes pour s’endormir. Puis la seconde, fatale.

Elle est partie comme ça, ma toute petite chatonne, sa tête posée dans ma main, ma tête posée sur son front. Elle s’est endormie en quelques secondes, tellement elle était faible. Je suis sans doute la dernière chose qu’elle ait vue, qu’elle ait sentie. Elle est partie, et c’est de ma faute. Elle était sous ma responsabilité. J’aurais dû connaître les symptômes. J’aurais dû faire en sorte qu’elle vive plus longtemps. Je sais que c’est impardonnable. Je n’ai pas envie de me pardonner. J’ai besoin de vivre ce chagrin et cette culpabilité, et de me dire que malgré tout ça, je mérite d’adopter un chat.

la lettre que je n’ai pas écrite

Coucou !

Comment vas-tu depuis le temps ? Ca doit bien faire 4 ans qu’on ne s’est pas vus, 4 années sans notre déjeuner annuel. C’est ma faute : j’attendais les grandes vacances pour souffler un peu et t’envoyer un message pour te proposer de se voir un midi. Qu’aurait-on fait cette année ? El Rancho ou le Paradis du fruit, comme du temps où j’étais à Vélizy, ou le Balto à Palaiseau, dont le nom cache bien qu’il abrite un super resto avec des viandes de l’Aubrac.

On aurait discuté des dernières nouvelles, photos de nos enfants à l’appui, on se serait extasiés sur le fait qu’ils aient tellement grandi.

Je voulais te raconter que pour la première fois, j’allais emmener ma petite famille camper cet été, et que j’ai quadrillé toute la zone autour du lac d’Hourtin pour retrouver le camping sous les pins où on avait passé quelques jours entre amis. Je ne suis pas certaine, celui que j’ai trouvé est bien dans les pins, mais à Carcans. Est-ce le bon ?

J’ai revu tes parents devant l’église. Ça faisait une éternité que je ne les avais pas vus. Je crois bien que c’était en 2002. Je venais de signer un contrat de travail après une période de chômage, courte mais tellement stressante, et j’étais toute seule dans la région, je ne connaissais personne, alors j’étais allée les voir pour fêter ça. Ils avaient été d’un immense soutien. Mais ce jour, devant ton cercueil, il n’y avait qu’une incommensurable tristesse. Ton frère aussi m’a reconnue. Je t’avoue que je ne m’y attendais pas, il était collégien, lorsque nous avons terminé nos études ? Je me rappelle un petit garçon qui m’avait expliqué très sérieusement, dessin à l’appui, pourquoi les durées du jour et de la nuit sont plus proches à Puy St Vincent qu’ici, parce que c’est plus bas vers l’Equateur. Tellement impressionnant que même aujourd’hui, je ne saurais pas le réexpliquer.

A l’église, mardi, j’ai aperçu de loin quelqu’un qui ressemblait beaucoup à un ancien stagiaire de chez nous. C’était bien lui. Le monde est petit ! Dommage que je ne l’aie pas su avant, on aurait bien ri de la coïncidence.

J’aurais bien voulu te demander si tu avais écrit la suite du roman que tu projetais d’écrire à l’époque. Je pense que je ne saurai jamais si Marc Morasti a vraiment tué Laura.

Tant de choses à dire qu’on ne dira jamais…

Tant de choses inachevées…

On aurait parlé des travaux, sans doute, et de mon prochain déménagement. Je t’aurais parlé avec tristesse de mon chat qui nous a quittés après 14 ans, le 23 juin dernier. On se serait demandé si on avait des nouvelles des anciens de l’école. Le déjeuner serait une nouvelle fois passé trop vite, on aurait sans doute été attendus à des réunions l’après-midi. On se serait dit « passe le bonjour à tes parents ! » et on l’aurait peut-être fait, et « passe le bonjour à ton conjoint ! » en sachant qu’on ne le ferait pas.

« Demain, il fera beau et j’irai me baigner »

Adieu, Ami.

2017 !

Lectures

L’une rêve, l’autre pas de Nancy Kress

Source des tempêtes de Nathalie Dau

Bois d’Ombre de Nathalie Dau

Fragments de l’âge ancien de Nathalie Dau

Pierre-Fendre de Brice Tarvel

La Saison de la sorcière de Roland C. Wagner

Sherlock Holmes aux Enfers de Nicolas Le Breton

Espérer le soleil de Nelly Chadour

Malheur aux gagnants de Julien Heylbroeck

L’île de Peter de Alex Nikolavitch

Tout au milieu du monde de Julien Bétan et Mathieu Rivero

Les Papillons Géomètres de Christine Luce

Tricot

Une année productive avec pas moins de 23 projets ! Le nombre de projets tricot dépasse désormais celui des livres 😉

Janvier : Bonnet Punky pour nano, des mitaines City Park, le pull Ready for Spring

Mars : petit pull Conter Fleurette pour nano

Avril : mon pull Ravello

Mai : une serviette de toilette démarrée en 2012 (mieux vaut tard que jamais)

Juin : une robe pour nano, un châle pour sa prof de piano

Juillet : un châle Incendiary pour moi, un gilet Fairy Braid pour nano

Août : 2 béguins de printemps pour bébé, encore une nano robe, un magnifique pull Aquarelle qui a tellement grandi au lavage que je l’ai offert (mais j’ai versé une petite larme), un bonnet mystère

Septembre : un test pour un col secret

Octobre : un châle Broken Wings

Novembre : un nano bonnet Roisin

Décembre : un bonnet Citrus (parti chez un collègue), un bonnet Ju Kyu pour mr fourmi, un bonnet rayé pour mon papa, un col Third Beach avec du cachemire, un châle Merlot.

Évènements

on a signé pour un appartement en construction où on espère emménager mi 2018

à la maison, on a emménagé dans notre nouvelle chambre et nano dans la sienne

un w-e au ski avec le CE, les vacances en Ardèche (visite de filature de laine et achats compulsifs inclus)

nano a fait sa première soirée pyjama chez sa meilleure copine, et mini m’a envoyé son tout premier e-mail !

… des projets pour 2018 ?

en tricot, tester les chaussettes, ça a l’air fun ^^

partir en vacances à la mer, pour changer