31 décembre 2018

2018 s’achève bientôt. Ce fut une année à la fois riche et éprouvante émotionnellement.
De nouvelles rencontres et des amitiés.
La disparition de plusieurs êtres chers, mais leur souvenir demeure.
L’appartement, l’entrée au collège pour mini, nano qui veut émigrer aux Pays-Bas.
Un nouveau tournant professionnel avec un retour tel que je l’espérais, vers l’automobile.
Une année résolument marquée par les relations humaines.
Des moments difficiles voire surréalistes où je me suis vue reprocher des « problèmes relationnels », de casser mes collaborateurs (… wait, what?) mais dans lesquels j’ai eu des soutiens vraiment inestimables. J’en sors finalement plus forte, avec le sentiment que j’ai raison de croire en moi, et la volonté, toujours, de faire avancer les choses et les gens.

Je vous souhaite à tous un magnifique réveillon.

Ma nouvelle vie, Arwen

Quel effet cela peut-il faire de quitter sa famille, ses amis, perdre son identité et voir disparaître toute une partie de sa vie ? Je m’appelle Arwen, et je ne fais pas partie d’un quelconque programme de protection des témoins dans une série américaine. Je suis une chatte qui a été abandonnée à la fourrière et dont on a fait disparaître toute trace de son identité, avant d’être recueillie par l’association Sauve. De mon passé, ma nouvelle famille saura seulement que je m’appelais Garfield et que je suis peut-être née en 2011.

Ma nouvelle vie commence le 27 septembre 2018, le jour où j’ai décidé d’adopter mon humaine de compagnie, rencontrée à l’association Sauve. Après un long trajet en RER, j’ai posé mes pattes dans mon nouvel appartement où vivent 4 humains. Ils viennent tout juste de s’installer et mon environnement change un peu toutes les semaines, mais j’ai des repères qu’on a mis pour moi, comme un chouette tipi. Le papa bricole beaucoup et surveille attentivement que je ne m’approche pas des outils. La maman tricote, j’aime bien me blottir contre elle sur le canapé en observant le fil de la pelote qui m’intrigue. Je regarde les autres chats qui jouent sur les balcons de l’immeuble, bien au chaud depuis ma fenêtre. Les enfants veulent tous les deux que je dorme la nuit dans leur lit. Ils aiment les câlins au moins autant que moi ! Une vie de princesse, vous dis-je ! Ce n’est pas pour rien que ma famille m’a appelée Arwen, princesse des elfes.

Est-ce que je pense parfois à ma vie d’avant ? Qui sait ?

Ma nouvelle famille a eu beaucoup de chagrin, elle aussi, lorsque leur chatte d’avant a été emportée par une maladie. Nous avons comme point commun un passé dont on ne se parlera jamais. Mais le plus important, c’est que grâce à Sauve, nous avons maintenant un avenir ensemble.

instantanés (#1)

Une image de mon enfance : un reportage sur des feux de forêts à la télévision qui m’a choquée. J’ai pris mon petit fauteuil d’enfant que j’ai traîné dans la cuisine et je suis restée sans bouger, longtemps.

Après avoir vu les Gremlins, pendant des mois, je n’ai pas pu marcher pieds nus dans ma chambre. Je sautais du fauteuil vers le lit.

J’ai encore en tête un épisode de Mac Gyver où il se bat contre une invasion de fourmis. Peut-être que ma phobie des insectes vient de là.

Ce n’est pas de là que vient mon surnom, mais de 103683e, l’héroïne de Bernard Werber, et parce que pendant mes études, j’étais rousse.

J’ai rencontré Bernard Werber au salon du livre à Paris fin 1998. Il y avait déjà le décompte jusqu’à l’an 2000 sur la Tour Eiffel.

un mois avec Maya

Maya est née le 15 avril 2016. C’est une date approximative, car nous ne savons pas grand chose d’elle. Un passage à la fourrière, très tôt dans sa vie de chaton, puis un suivi médical dans son carnet de santé. Et puis elle est arrivée chez nous, le 31 août.

Elle est jolie, Maya, dans sa robe tigrée. Je pourrais passer des heures à en étudier les motifs noirs et gris, comme un enfant qui cherche des formes dans les nuages.

Elle aime mes aiguilles à tricoter montées sur un câble. Elle les chasse dans l’appartement et sur le canapé, avant de les emporter dans son abri sous le canapé.

Maya ne sait pas miauler, elle fait des petits bruits comme si elle était enrouée.

Les bénévoles de l’association et sa famille d’accueil précédente la décrivent comme un pot de colle, très câline. Je sais que c’est vrai, parce que j’ai vu une vidéo où elle vient demander des caresses à ma maman qui l’a gardée un jour où j’étais absente.

Mais Maya ne veut pas de nous. Elle nous fuit, se cache et feule si on essaye de l’approcher. Ni les friandises ou le thon, ni les comprimés ou le diffuseur feliway, ni les paroles ou la patience, n’ont pu l’amadouer.

Ce n’était pas un secret pour moi que c’est toujours un chat qui vous adopte et non l’inverse, mais je ne m’attendais pas à l’expérimenter de manière aussi claire et abrupte.

Après un mois, le verdict est sans appel, nous devons ramener Maya, pour qu’elle puisse avoir une nouvelle chance de trouver la famille de son coeur. Au revoir, jolie Maya 🙁